La batellerie


Jusqu'en 1854, date de l'arrivée du chemin de fer à Brassac-les-Mines, l'Allier fut le seul moyen d'expédition possible. Les sapinières, immenses bateaux construits dans les ateliers de Brassaget, transportaient jusqu'à Paris le charbon, mais aussi le vin ou encore le chanvre. La navigabilité de la rivière, jusqu'à la Loire, était parfois incertaine. Le voyage se terminait parfois bien avant Paris, par naufrage : les barrages, naturels ou artificiels, compliquaient sérieusement la tâche des mariniers. Mais les marchandises trouvaient aussi parfois preneur en cours de route.

Carte postale de la batellerieBrassac-les-Mines et la batellerie

Grâce au canal de Briare ouvert en 1644, les sapinières passaient de la Loire vers la Seine, et de là remontaient sur Paris avec leur cargaison. D'autres allaient vers Orléans ou Nantes, en suivant la Loire. Une fois arrivées à bon port et amarrées, et une fois les marchandises vendues, les sapinières finissaient démantelées en bois de chauffage, ou en bois de charpente. Puis, les mariniers rentraient à pied à Brassac-les-Mines, avec l'argent cousu dans la doublure de leur blouse. Une fois rentrés, ils construisent un autre bateau, le chargent de nouveau puis repartent vers Paris. Les mariniers ou leurs ouvriers qui ont gagné suffisamment d'argent s'installent à Paris comme bougnats.

Les bougnats parisiens, spécialistes auvergnats en "Vin, Bois et Charbons", trouvent ici leur origine, et c'est de là que commence la légende des Auvergnats de Paris.

Le quai de l'Allier à Brassac-les-Mines

Saint-Nicolas est le patron des mariniers. Point nautique sur le vaste plan d'eau du Port, sa statue ornait un coin du mur de la Place Saint-Nicolas à Brassac-les-Mines. Elle disparut en 1903 - 1904.

Certains mariniers sont devenus pêcheurs au filet lorsque le chemin de fer a fait disparaître les transports fluviaux. L'Allier a été rayée de la liste des voies navigables et flottables par décret du 27 Juillet 1957.

Un anneau témoin du passé de la batellerie